Je suis abonné à de nombreux hubs sur Viadeo qui traitent du sujet de la rédaction en général et plus particulièrement de la rédaction web. Ces hubs sont une mine d’informations pour découvrir le marché, ses rouages, ses protagonistes et la concurrence. Le sujet le plus récurrent ne traite pas de techniques ou de savoir-faire, mais plutôt de tarifs de rédaction web (ou papier). Et les conversations sont démesurément longues.

Quels tarifs appliquer en étant rédacteur web freelance

Dans un système qui se mondialise, la discipline de la rédaction web n’y échappe pas. Je connais quelques d’entreprises qui font sous-traiter leurs travaux de rédaction et de rédaction Web à l’étranger (Tunisie, Maroc, Madagascar, Pondichéry…), ce qui peut être tout à fait légitime puisque la main d’oeuvre y est nettement moins chère. A titre d’exemple, et d’après les chiffres dont je dispose (ils peuvent avoir évolués), le SMIC mensuel tunisien en 2009 était de 260 euros pour le régime de 48 heures, et de 225 euros pour le régime de 40 heures. Celui de Madagascar est inférieur à 40 euros. Je vous laisse faire les comptes…

En France, il existe également « une main d’oeuvre à bas prix« . Je veux dire par là des personnes qui pratiquent des tarifs de rédaction très bas, non pas pour « casser » particulièrement le marché, mais davantage parce ce qu’ils ont, comme tout le monde, besoin de faire entrer de l’argent pour pouvoir manger.

J’en connais même un, à la retraite, qui ne facture pas, tout simplement… Mon ami philanthrope.

Le principal souci est que ces personnes, par leurs tarifs, jettent l’opprobre sur notre profession de rédacteur (Web).

Et dans les fameux hubs dont je vous parlais sur Viadeo, c’est un sujet plus que récurrent. J’ai vu des rédacteurs à qui on proposait la rédaction d’un article de 1000 mots à 3 euros, d’autres à 12 euros. Ca vous donnerait envie de travailler, vous ?

Faites les comptes : dans le premier cas (3 euros l’article), écrire 1000 mots, si vous êtes une machine, si vous disposez de documentations et avez une prédisposition à l’écriture, vous prend, allez… 1 heure. Vous multipliez par 8 heures, puis par 21 (nombre de jours ouvrés dans un mois). Vous obtenez 504 euros de chiffre d’affaires. Otez ensuite 20,5% de charges (dont le prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu), vous obtenez 400, 68 euros de SALAIRE mensuel !

Dans le second cas : 12 x 8 x 21 = 2016 euros de CA – 20,5% = 1.602,72 euros de salaire. C’est mieux, mais pas encore ça.

Il vaudrait mieux calculer en définitive à l’envers, soit 2675 euros (montant mensuel maximum si vous travaillez 12 mois consécutifs sans prendre de vacances) / 21 / 8 = 16 euros.

Donc, je récapitule :

  • - vous êtes une machine,
  • - vous disposez de la documentation nécessaire pour rédiger un article de 1000 mots,
  • - vous avez une prédisposition à l’écriture,
  • - vous ne prenez jamais de vacances mais disposez de vos weekends ( tout de même…).

Vous pourriez par conséquent facturer 16 euros l’article de 1000 mots.

Seulement :

  • - vous n’êtes déjà pas une machine (qui pourrait écrire 8 heures par jour sans s’arrêter ?),
  • - vous ne disposez pas toujours de documentations,
  • - vous n’écrivez pas forcément très vite
  • - et vous prenez ne serait-ce-qu’un mois de vacances.

Dans mes exemples, je n’ai pas pris en considération les notions de qualité, d’optimisation pour le référencement, ou encore l’analyse de l’environnement dans lequel la rédaction du feuillet va s’inscrire.

Pour être honnête, 16 euros l’article de 1000 mots est très loin d’un tarif applicable, d’autant que la tarification se fait, d’une manière générale, en nombre de signes. Ainsi, un article de 1000 mots correspond (si on compte en moyenne 6 signes par mot) à 6000 signes.

A titre indicatif, l’un des hubs que je suis régulièrement sur Viadeo est Rédactrices & Redacteurs – Conception Rédaction & Piges, qui compte, au moment où j’écris ce billet, 1777 abonnés. Stéphane Bourhis, de l’agence Red-Act, depuis 2010, prends le pouls du marché de la rédaction dans son ensemble et réalise son baromètre de la Rédaction.

Pour l’année 2011, voici les chiffres de l’étude qui ressortent pour la partie Rédaction Web :

REDACTION WEB
- 1 page web (création) – 1000 signes : de 50 à 150 euros (20-250)
- 1 page web (création) – 1500 signes : de 60 à 250 euros (30-300)
- 1 page web (réécriture) – 1000 signes : de 30 à 60 euros (15-75)
- 1 page web (réécriture) – 1500 signes : de 45 à 90 euros (20-100)

REDACTEUR – Tarif journalier : de 300 à 500 euros (100-750)
COMMUNITY MANAGER – Tarif journalier : de 350 à 500 euros (300-600)

Je vous laisse méditer sur ces tarifs et positionner votre offre…

Copyright © 2011 Christophe Da Silva

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Pour aller plus loin :

  1. Tarifs Rédacteurs Web et Rédacteurs Print 2012
  2. Etablir ses tarifs de Rédacteur Web Freelance
  3. Le métier de rédacteur web freelance
  4. Conseils pour créer un blog rédacteur web freelance
  5. Retraite auto-entrepreneur : la validation des trimestres du Rédacteur Web Freelance

20 Réponses pour “Rédacteur Web Freelance : Quels tarifs appliquer ?”

  1. Alix Bayart dit :

    Bonjour,
    J’ai moi aussi passé beaucoup de temps à lire les commentaires des hub de viadeo sur les tarifs, afin de finaliser les miens lors de mon installation officielle en tant que rédactrice.
    Pas facile de s’y retrouver puisque les méthodes de calcul sont différentes, et surtout, je trouve, difficile de faire comprendre au client qu’il est impossible d’avoir un tarif global, le même pour tous, vu que chaque demande est toujours spécifique…

    Je continue à poser régulièrement des questions quand je n’arrive pas à quantifier un projet. Il y a peu de temps, on m’a proposé d’écrire un spot radio, ce que je n’avais jamais fait. Les réponses des rédacteurs sur le site allaient du simple au triple et aucun n’était d’accord…

    A bientôt, et bravo pour votrre blog qui est très intéressant.
    ALix

    • Christophe DA SILVA dit :

      Bonjour Alix

      Vous avez raison, ce n’est pas toujours évident d’établir un tarif de rédaction.
      Parfois il faut établir un tarif de rédaction selon un nombre de signes, parfois selon un tarif horaire que vous aurez fixé au préalable. Ou encore, en fonction de la mission, si celle-ci peut couvrir un mois de travail et peut être récurrente dans le temps, et de plus si vous êtes au régime auto-entrepreneur, parfois il vaut mieux facturer au seuil maximum de CA réalisable mensuellement (2675 euros, ce qui fait environ 133 euros par jour ouvrés).

      Je pense que c’est l’expérience aussi qui nous amène à définir un tarif de rédaction juste, selon les cas de figure de projets.

      Christophe Da Silva

  2. L.G. dit :

    Bonjour Christophe,

    J’ai lu cet article avec beaucoup d’intérêt. Pour ma part, je n’ai que 3 années d’expérience, j’écris pour des journaux papiers et je suis rémunérée 40 euros les 10.000 signes, pour de la création. En comparaison à de nombreuses annonces / propositions que j’ai pu lire, je trouve ce tarif tout à fait correct. Mais au vu de vos normes de tarifs, je me rends compte que c’est peu cher payé… J’ai par exemple réécrit tout un site internet (environ 14 feuillets) pour 200 euros. Pour le temps que cela m’a pris j’ai aussi trouvé ce tarif correct, vu votre article, je semble être dans l’erreur et faire partie de ceux qui se font sous payer…

    Pour une étudiante comme moi, je vis très bien de mes piges. Pour être honnête, je sais que si j’imposais un tarif tel que vous le présentez, peu de travail me serait proposé, voire pas du tout. Comment expliquer au commanditaire du projet que ces tarifs là (ceux sur votre site) sont les tarifs en vigueur ? C’est une question délicate à aborder…

    Merci encore une fois pour votre site que je vais suivre avec grand intérêt,

    LG.

    • Christophe DA SILVA dit :

      Bonjour Laurie

      Tout d’abord, je tiens à préciser qu’avoir une activité professionnelle est différent d’être étudiant. En effet, même s’il faut que vous déclariez vos revenus de rédaction web à l’administration fiscale, comme les professionnels, néanmoins ces derniers doivent également répercuter leurs charges, que vous vous n »avez pas, sur leurs tarifs.

      Cela ne me choque pas qu’une étudiante facture moins cher une prestation. Il faut simplement qu’elle veille à ne pas « casser » le marché.

      J’ai publié un billet il y a quelques minutes sur un bouquin qui traite de gestion comptable. Il y est fait le calcul de la fixation des prix en relation avec le revenu net que l’on souhaite obtenir à la fin du mois. Le résultat obtenu est un tarif journalier cohérent et ce, quelque soit l’activité de prestation de services : 400 euros la journée de travail de 8 heures, soit environ 50 de l’heure (ce qui équivaut dans le calcul à un chiffre d’affaires de 50.000 euros annuel sur 12 mois, pour une activité de type EURL, SARL).

      Mais finalement, en fonction des cas de figure, je pense, à la manière de l’auteur qui a écrit ce livre : « Quel est le prix que le client est prêt à payer pour cette prestation ? ». Autrement dit, si vous vous situez en-dessous de la norme des tarifs, vous risquez de « casser » le marché, tout autant que vous perdrez en crédibilité. Si votre tarif est trop élevé, il faudra justifier votre plus-value, le caractère haut-de-gamme de vos prestations.

      J’espère avoir répondu un tant soit peu à vos questionnements.

      Christophe Da Silva

  3. Olfa dit :

    Bonjour Christophe,
    En faisant quelques recherches sur le net, je suis tombée un peu par hasard sur votre article et le titre m’a accrochée car étant moi-même rédactrice web, je suis souvent confrontée à ce genre de situations. Comme je suis tunisienne, les offres de prix que je reçois de webmasters français sont réellement dérisoires par rapport à ce qui se fait, en France et même en Tunisie.
    Cela me contrarie d’autant plus que mes contacts français via Viadeo, justement, ne font jamais de propositions expresses mais ne donnent pas suite, lorsque je précise mes tarifs pourtant revus à la baisse, car je débute encore dans ce métier (un an d’expérience).
    En plus, même s’ils me félicitent pour la qualité de mes écrits, la négociation est toujours difficile car les clients rechignent à payer la qualité sinon à sa véritable valeur, au moins s’en approcher.
    Je tenais à écrire ce commentaire pour vider un peu mon sac, comme on dite, car ce n’est pas parce qu’on est tunisien, marocain, algérien ou autre, qu’on n’a pas le droit d’être payé à la hauteur de nos prestations.
    Merci encore pour cet excellent article:)

  4. Marjolaine dit :

    Bonjour,
    Ces chiffres publiés chez Red-Act m’ont beaucoup aidé pour établir mon offre tarifaire en tant que rédactrice indépendante. Je me lance à mon compte et je trouve assez difficile de se positionner dans la bonne tranche de tarifs, l’objectif étant de rester cohérent vis à vis de la clientèle (sans lui faire peur non plus) et ne pas décrédibiliser ses compétences et son travail.

    En cas de doute, je trouve utile de ramener ses propres tarifs à un taux horaire : à combien est-ce qu’on peut évaluer le travail d’un expert en recherche documentaire/rédaction/optimisation web ? Pour moi la grille tarifaire publiée ci-dessus est tout à fait pertinente mais devrait prendre en compte aussi l’expérience du rédacteur et ses compétences et qualifications réelles.
    Merci pour cet article !

    Marjolaine (Atout Rédaction)

    • Christophe DA SILVA dit :

      Bonjour Marjolaine

      Pour ma part, en fonction des missions que l’on me confie, j’applique soit un tarif au nombre de signes, soit un tarif horaire lorsqu’il s’agit d’une mission de conception-rédaction web. Le travail n’étant pas le même, la tarification n’est par conséquent pas identique.

      Christophe

  5. Merci à vous pour cet échange qui permet de diffuser des informations utiles à tous

    • Christophe DA SILVA dit :

      Bonjour Stéphane

      La connaissance ne vaut que si elle partagée par le plus grand nombre.
      Il m’est d’avis, dans la sphère de nos métiers, que faire la lumière sur un certains nombre de points cruciaux, et notamment vitaux lorsque l’on parle de tarifications, est un enjeu considérable.

      Concernant la rédaction web et plus particulièrement la rédaction pure, j’ai l’impression que l’on nous prend trop souvent pour des « petites mains » et que notre travail ne mérite pas certains tarifs que nous avançons.

      Dans ce cadre je me suis fermé pas mal de portes (ma tarification est pourtant on ne peut plus honnête car elle se situe plutôt dans le bas de la fourchette de votre baromètre 2011) et notamment la même porte que vous avez refusé d’ouvrir (je l’ai lu sur Viadeo, même si vous n’avez pas cité le nom du donneur d’ordre, j’ai vite compris de qui il s’agissait, j’ai été contacté deux fois par cette entreprise, pourtant réputée), et ouvert bien d’autres.

      Et celles que j’ai pu ouvrir, par le tarif, ont fait valoir la qualité et la valeur ajoutée de mon travail.

      Chers lecteurs et contributeurs, n’ayez pas peur de refuser des missions ou des travaux si vous pensez que votre travail mérite bien plus que ce que l’on vous propose. Effectivement, vous pourrez mal le vivre un moment, mais il arrivera un instant où votre vraie valeur sera mise en lumière. Ne dérogez pas à vos tarifs : si vous les avez fixés de la sorte, c’est qu’ils représentent la valeur ajoutée que vous pouvez apportez à vos clients.

      Christophe DA SILVA

  6. Fabienne dit :

    Bien que le SMIC à Madagascar est de 40 €, ne pensez quand même pas recruter un rédacteur à ce prix, ce prix s’adresse à des gens des zones franches, machinistes, etc….. rien à avoir avec les compétences, connaissances et expériences sans parler des diplômes des VRAIS RÉDACTEURS MALAGCHES.

  7. Romi dit :

    Merci pour ces informations, qui même si elles sont un peu dépassée temporellement parlant, mais restent toujours indicatives. Il est aussi vrai que les tarifs varient tellement entre un Malgache, un redac de France, une plateforme de redaction et un étudiant…
    J´écris personnelement pour une plateforme en attendant de retrouver un emploi, et je trouve le principe interessant, avec des tarifs interessants…

  8. ell dit :

    votre article est très intéressant.
    pourquoi n’y a t-il pas une législation pour fixer un tarif minimum dans chaque pays ? je ne comprends pas comment on peut laisser faire des choses pareilles et je ne vois pas vraiment comment cela pourrait s’arranger sans règles et lois à respecter. On ne peut pas vraiment compter sur le bon sens des boîtes qui recrutent, qui préfèrent de plus en plus le bas coût à la qualité. Et la mondialisation, qui a mis en concurrence des pays qui n’avaient pas du tout le même niveau de vie, ne fait que tirer un peu plus chaque année les salaires de tous vers le bas. Sans compter qu’être payé en dessous du smic pour un rédacteur est non seulement dévalorisant mais aussi extrêmement démoralisant.

    • palia dit :

      Je suis d’accord avec vous en ce qui concerne la législation. Je ne sais pas si un tarif minimum est fixé en France, mais dans ces pays ce n’est pas le cas. Je pense que même entre rédacteurs indépendants exerçant dans les pays comme Madagascar, Algérien ou autre pays francophone, cette concurrence tarifaire est bien présente.

  9. Marine dit :

    Le souci est toujours le même, bosser en freelance ne permet parfois pas de rentrer dans les clous! Mettre en avant ses qualités et la valeur-ajouté que nous apportons permet d’avoir une tarification saine autant pour nous que pour les clients! Et au moins nous voyons nos qualités reconnues!!
    En plus s’ajoute les super plateformes du genre Textmaster qui ont aussi des tarifs « hallucinament » bas!

  10. PaulineLM dit :

    Pour ma part, je pensais m’y lancer et j’avoue n’avoir aucune idée des tarifs.
    Je suis étudiante pour le moment et ce job ne serait pas à temps plein comme c’est le cas pour beaucoup d’autres, ou comme vous.
    Je ne peux donc pas émettre des tarifs trop élevés, et je ne sais pas encore si je les propose par signes / heures / nb articles etc…. C’est un peu la jungle dans ma tête, et j’avoue que les prix que j’avais en tête au départ s’approchent de ceux que vous considérés comme étant sous payés.

    En tout cas merci pour toutes ces précieuses informations !!!! Je dis oui au partage !!

  11. Votre article m’enrichit. Je viens de commencer une formation à distance en rédaction web. Avant cela j’avais déjà lancé deux petits blogs personnels: http://le-secret-du-bonheur.fr/ et http://xn--l-actualit-vue-du-ciel-k8b.com/ Je suis tombée sur votre article en faisant des recherches concernant un article que je dois écrire pour ma formation. J’avoue que j’apprends beaucoup de choses avec vous. Ma question est la suivante: Comment faire pour trouver des clients surtout quand on est débutant?
    Merci de votre réponse.

    • Christophe DA SILVA dit :

      Bonjour
      J’imagine qu’à l’heure du numérique, le mieux reste de vous faire connaître par les réseaux sociaux professionnels comme Viadeo ou Linkedin, mais aussi sur d’autres supports.
      Une idée pourrait être également de vous faire connaître par la création d’un blog ou d’un site web.
      Christophe

  12. Sophie dit :

    Bonjour,

    Merci pour ces échanges, toujours très éclairants. Il n’est pas facile en effet de déterminer le prix « juste ».
    Je pense que l’élément « valeur ajoutée » pour le client est à exploiter également, ainsi que le taux de fréquentation. Ces deux éléments peuvent entrer dans la négociation pour demander plus cher.

    Attention en effet à ne pas partir trop bas (j’ai eu le tort de commencer une contribution régulière
    mensuelle trop basse, et ce n’est pas facile ensuite de remonter…).
    L’expérience par des publications de livres par ailleurs peuvent être un atout également.

    Bon courage à tous dans cette « jungle »… où il y a quand même moyen de s’épanouir et d’apporter quelques revenus.

    Sophie

  13. sonia dit :

    On vient de me proposer une rémunération de 3TND (environ 1Euro35) par article à raison de 100articles par mois (en free lance).c’est écoeurant!


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